On m'appelle K-Lÿn$.


 




Me voici, avec mon Piano.



 




C'est avec lui que tout a commencé.
Avec elle... La Musique...

                                                                 
" Ballade No.1 In G minor, Op. 23 ", Frédéric Chopin




       J'étais jeune, très jeune. La rencontre s'est faite par hasard. La Vie est faite de hasard, et parfois, souvent je trouve, le hasard est bien fait. J'avais... cinq ans, six ans, peut-être moins, je ne me souviens même plus. Peu importe. L'essentiel, c'est le fait de l'avoir rencontré. J'ai dû apprendre à la connaître, à l'apprivoiser, car sans cela, je n'aurais pu la faire chanter, elle ne me l'aurait jamais permis. Un apprentissage, c'est long, parfois fastidieux, un apprentissage connaît certaines périodes plus ou moins difficiles. Mais quand on aime, qu'est-ce que cela représente? Aujourd'hui, quand je regarde mon passé, je me demande ce qu'aurait été ma vie sans elle, ce qu'aurait été ma vie si j'avais abandonné. Qu'aurai-je été? Que serai-je aujourd'hui? A l'évidence, quelqu'un de très différent, quelqu'un d'étranger, quelqu'un qui ne me ressemblerait pas. Et puis en fait, à chaque fois, je réalise que la question ne se pose même pas, car dans la vie, certaines choses ne peuvent pas ne pas être. Certaines choses sont advenues parce qu'elles se devaient d'advenir. Et c'est tout. Est-ce croire au destin? (question en suspend)

       J'ai grandis avec elle, et j'ai appris en grandissant. Il y a tant à apprendre, car elle est tellement vaste, et mystérieuse, que toute une vie ne peut suffire à déchiffrer tous ses secrets. Mais elle apporte tellement à ceux qui l'aime que l'on ne peut lui en vouloir de ne pas tout partager avec nous. Et puis, tout le monde a ses secrets. Plus je grandis, et plus je réalise tout ce qu'elle peut m'offrir, tous les trésors qu'elle recèle. Certains croient en un Dieu, différent selon leurs croyances, d'autres croient en une force supérieure qui nous gouvernerait, ou en des idéaux, en un être, en une chose... Mais au fond, tout ceci revient au même. On a tous ce besoin de croire en quelque chose, parce que cela donne un sens à notre vie. Et puisqu'il faut avoir un chemin, j'ai choisis cette direction, j'ai choisis de la suivre. Je crois en elle, et c'est ainsi que je m'en sortirai.

       Le piano fut l'élu. Par son intermédiaire, j'ai pu commencer à accéder à elle. Très vite, j'ai compris que cet instrument était le bon, celui qu'il me fallait. Je pense qu'on a tous un instrument de prédilection, celui qui, lorsqu'on y touche, nous chuchote que nous étions fait l'un pour l'autre. J'ai trouvé le mien. J'ai eu la chance de pouvoir le pratiquer, car c'est vrai que beaucoup sur cette terre n'en auront jamais la possibilité, même s'ils portent en eux le plus magnifique des talents. Ca, nous ne le saurons jamais... Des années durant, j'ai suivis un enseignement plus ou moins classique, qui ne fut pas la partie la plus amusante de mon histoire avec lui. Mais j'ai compris plus tard qu'il le fallait, pour avoir ensuite la chance d'atteindre les endroits magiques de son univers. Car comment faire quelque chose de compliqué quant on ne connaît pas les choses simples? Même les plus grands génies ont dû acquérir les bases, plus ou moins rapidement certes, avant de laisser parler toute l'étendue de leur talent. Je ne suis pas l'un de ces génies, à mon grand regret, mais je suis une de celles qui veulent s'exprimer par la musique parce qu'elles l'aiment, et par conséquent, cela me ramène au même point qu'eux: j'ai dû apprendre, apprendre, apprendre, et je continue d'apprendre. La Vie est un long apprentissage.

       Puis m'est venu la composition. Etrange domaine que celui-là. La composition est quelque chose de si naturel, et en fait, si compliqué... Je devais avoir onze ans, encore une fois je ne me rappelle plus. Car quand cela m'est tombé dans les doigts, je n'ai même pas sursauté, donc cela ne m'a pas marqué plus que ça: faire chanter ma propre voix, trouver mon propre langage, assembler et organiser les notes à ma façon, cela  fut si spontané, cela m'a paru tellement vrai, tellement beau... Je me suis exercé, j'ai crée, encore et encore car la composition est un domaine vaste, extrêmement vaste. Je n'étais jamais satisfaite de ce que je faisais. Je sentais que j'utilisais au niveau le plus bas ce que possédaient mes capacités, et cela me frustrait, car je ne savais pas comment faire pour saisir tout ce qu'elles gardaient caché. Alors je tâtonnais, essayais, faisais, défaisais, refaisais, effaçais tout, recommençais... J'ai connu de longues périodes pendant lesquelles mon entêtement à vouloir apprendre toujours plus m'obsédait, à un point parfois démesuré. Mais me raisonner ne servait à rien, j'étais ( je suis toujours ) comme ça.

 

       Lorsque l'on compose, on ouvre son coeur, son âme, aux autres. On rend public ce que l'on a de plus intime. On expose les recoins les plus personnels de son être. En un mot, on se dévoile. Et cela est parfois dur. Cette expérience ne peut vraiment être comprise que par ceux ou celles qui l'ont déjà expérimenté, d'une façon ou d'une autre, pas nécessairement par la musique. Ceux-là savent à quel point on se met à nu lorsqu'on créé. Et pourquoi le faisons-nous? Pour moi, cet acte résulte d'un besoin violent de s'exprimer. Un jour, j'ai eu envie de crier. Je l'ai fait, mais cela ne m'a pas suffit. Il me fallait autre chose. De plus beau, de plus universel, quelque chose qui me permettrait d'être entendue du monde, et qui sait, d'être peut-être comprise. J'ai trouvé secours en la musique.

 

 

Composer m'est nécessaire, mais c'est aussi quelque chose d'angoissant. En dévoilant son être, on s'expose. Et s'exposer peut se révéler douloureux - l'incompréhension des autres, leur ignorance, parfois même leur mépris, leur sarcasme, tout ceci blesse... C'est pourquoi je prie tout ceux et celles qui viendront ici de ne pas me laisser de marques inutiles. J'accueille avec joie toutes critiques tant que celles-ci sont constructives et intelligentes. J'appelle vivement les conseils, dans la mesure où ceux-ci peuvent me faire progresser.

Je rejette les témoignages de toute la débilité et la bassesse dont un être humain est capable de faire preuve: ceci ne m'est vraiment d'aucun intérêt, ni pour moi, ni pour personne.

(du r-e-s-p-e-c-t) 

   Merci.
 

                " Intro ", K-Lÿn$
 
Par Klyns
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